Habiterons-nous tous des châteaux forts en 2060 ?

Habiterons-nous tous des châteaux forts en 2060 ?

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Il m’arrive de réfléchir à quoi pourrait ressembler le monde d’après. Quel pourrait être le système politique du futur ? Quels sont les grandes lignes de l’évolution de notre société ?

M’est d’avis qu’une fois l’Europe enterrée, que l’état tel qu’on le connait sera tombé sous les coups d’une révolution déclenchée par une crise sociale : nous nous dirigerons vers un monde féodal. C’est à dire que les décisions et l’organisation se feront à l’échelle d’un petit territoire ou d’un domaine : un fief.

Exode rurale

Comme je l’explique dans cet autre article, il apparait assez clairement une sortie du mode de vie citadin. Devant les risques sanitaires, la distanciation sociale, la régression de l’accès à l’énergie (déclin du pétrole), tout un chacun préférera se diriger vers un endroit où l’on pourra encore se soigner et trouver à manger : la campagne.

On peut aussi ressentir un besoin profond des jeunes génération de trouver du sens, de revenir aux sources, à la terre…. Bercé que nous sommes par l’environnement, l’énergie verte etc.

Donc admettons : on quitte les grandes villes, on part s’installer à la campagne.

De la mondialisation extrême à la résilience

Les failles de la mondialisation sont apparues au grand jour avec la crise du COVID, une trop grande dépendance aux usines du monde et nous voilà privé de médicaments, de matériel médical, de XBOX…

Nous voudrons certainement centraliser les grandes industries et les relocaliser en France. Pour une chaine d’approvisionnement efficace en terme énergétique, il faut positionner tous les maillons de transformation au même endroit. En tout cas dans la série des jeux « Anno » c’est comme ça qu’il faut faire !

On peut donc imaginer que dans un futur proche, les fabriques de textiles par exemple retrouverons une place autour de la chanvrière elle même située non loin des champs de chanvre. On rassemble des lieux de production dans des zones restreintes à l’échelle d’une agglomération.

Cette unité de vie permet de fournir les besoins basiques : boire, se nourrir, se vêtir, se chauffer, construire des habitations.

L’énergie définit l’échelle d’une société

Dans un monde 100% ENR tel que l’était le moyen age, le transport est beaucoup plus local : on ne peut pas faire traverser le pays les marchandises périssable, construire des équipements nécessitant trop de travailleurs qui ne pourraient pas se rendre à l’usine, nourrir trop de personnes au sein d’une ville.

Dans notre monde moderne où l’énergie coule à flot, il n’y a aucune limite au transport. Notre société est « mondialisée » : La disponibilité de nos voitures repose sur les métaux rares chinois ou africains… Les pays européens n’ont pas de frontière.

L’énergie devenant de moins en moins disponible, il est logique que ce rayon diminue. A l’échelle d’un pays tout d’abord. Nous devrions voir revenir massivement le nationalisme. La prise de conscience écologique fait déjà monter une forme de promotion du Made In France. On peut déjà sentir un resserrement des intérêts nationaux pour sécuriser leurs approvisionnements.

Je crois qu’aux environ de 2050, l’énergie commencera à devenir tellement rare et chère que l’échelle de la région sera plus réaliste. Bien sûr certains territoires à forte identité feront probablement valoir leur indépendance plus tôt que les autres : la Corse, la Bretagne, la Flandre….

Je ne serais pas surpris non plus si l’on en arrivait en 2080 à un mode de vie en tribus fortement localisées (type tribus arboricole) mais dont la jungle pourrait être urbaine et les prairies des déserts arides.

Ce scénario s’invalide si l’homme découvre l' »énergie libre » que ça soit grâce à la fusion froide ou chaude, ou tout autre invention humaine future… Auquel cas, nous irons probablement coloniser des galaxies entières.

Le retour de la violence et de la guerre

Les stocks de matière ne sont pas infinis, tout va devenir rare. Dans ce monde, l’homme aura plus tendance à se battre pour défendre son beefsteak (ou plutôt son bout de de tofu).

Il y aura des conflits à l’échelle nationale pour l’accès aux ressources (pétrole, gaz, métaux, uranium !). Mais aussi à l’échelle individuelle amené par la pauvreté généralisée. On a un vrai soucis lié à la répartition très inégale des richesses. Peut-être à cela viendront s’ajouter des conflits de religion.

On peut encore parler des risques sanitaires et de la fermeture des frontières de pays. On commence à voir la fermeture de territoires plus petits au fil de l’évolution de l’épidémie de COVID, des régions pourraient être bouclées, des murs érigés.

C’est sans oublier les risques liés aux mouvements migratoires. Afflux massif en Europe des pays africains devenus invivables. Mais aussi des réfugiés de la montée des eaux, des incendies…

La guerre sera notre pain quotidien jusqu’à ce que la situation se stabilise en territoires autonomes et vivant en paix avec leurs voisins, ce qui n’est pas prêt d’arriver !

Il faudra donc se défendre. Le besoin de sécurité est le deuxième besoin de la pyramide de Maslow. Et pour défendre son territoire, si l’état n’est plus là pour agir sur la sécurité des ses concitoyens, il faut des hommes et des armes. J’imagine que nous verrons donc apparaitre des milices et des refuges pour les populations. Peut-être réhabiliterons-nous les remparts, les forteresses, et les châteaux forts.

Effondrement des systèmes centralisés

La féodalité est marquée par le démembrement de la puissance publique. C’est très probablement ce qui nous attend.

Lorsque l’Empire carolingien s’est effondré (~1000après jc), les institutions passent d’une structure de type centralisé à une structure de type micro-sociétal. Il est fort probable que l’effondrement global en cours n’aboutisse au même mécanisme. En 2050, c’est à l’échelle de l’agglomération que se prendront les grandes décisions de droit et de justice.

2022 : Exit l’Europe et ses parlements, fini la PAC et la montagne de règlements dont on a enfin compris qu’il ne servent que l’intérêt de quelques multinationales. Le commerce international est déjà en berne suite au COVID. Fini l’ONU qui est déjà un peu mort. Les fonds de pension font faillite suite à l’effondrement de la monnaie et l’inflation galopante du nouveau nouveau franc !

2030 : Le peuple se soulève : la France perd sa souveraineté. Fini la république, ses députés et sénateurs…Les palais de justice et cours internationales. L’armée est déjà très affaiblie et manque cruellement de moyen. Lorsqu’elle sera débordée, sa dissolution ne sera pas loin. Ah, oubliez aussi la sécurité sociale.

Le capitalisme est mort aussi victime de son propre système : on oublie le FMI, les banques centrales, le CAC40, Wall Street etc.. Le seul marché qui reste sera celui sur la place du village où on trouvera du bon fromage (ah enfin une bonne nouvelle !) …de dromadaire car on aura tué toutes les vaches qui ont résisté à la chaleur estivale car elles pétaient trop. (et merde)

Se protéger des eaux

A l’image des mottes flamandes, nous verrons certainement apparaitre des « forteresses ». Elles n’étaient sans doute qu’accessoirement dans un but défensif. Avant tout elles étaient destinées à mettre à l’abri les gens, le bétail, les récoltes d’une invasion superficielle des eaux de pluie.

Il semble que les précipitations et risques de submersions augmentent suite au réchauffement climatique. Le besoin de protection va resurgir et va également dans le sens d’un édifice central protecteur hors d’eau.

Conclusion

Pour moi tout converge ! Nous nous dirigeons vers un monde néo-féodal. En 2060, les populations s’organiseront en fiefs et se réfugieront dans des « forteresses » pour échapper aux envahisseurs ou aux catastrophes naturelles.

J’ai 3 messages à faire passer :

  1. Profitons de notre « richesse » actuelle avec intelligence : la vie est courte et précieuse !
  2. Préparons-nous à un durcissement de la vie : nous vivons comme des pachas dans un confort inimaginable. Cela va changer très vite et très bientôt.
  3. Agissons contre le réchauffement climatique. Agir aujourd’hui, c’est limiter la violence future, chaque dixième de degrés, chaque tonne de carbone compte. Nos enfants nous remercierons (ou pas).

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